Métiers du scénario

QU’EST-CE QU’UN SCRIPT-DOCTEUR ?

Dans le monde du cinéma, on entend souvent parler de « script-docteur », de « consultant », de « coach », ou d’autres dénominations faisant référence aux intervenants au niveau du scénario. Pour résumer, il y a quatre sortes d’intervenants subdivisés en deux catégories : d’un côté les « spécialistes professionnels » et de l’autre les « non professionnels ».

Si des problèmes se posent lors du développement d’un scénario, on fait appel à un « technicien » professionnel : soit un consultant, soit un scriptdocteur. Sinon, nous pouvons également avoir à faire à des lecteurs et à des accompagnateurs.

 

COACH ou MENTOR

Souvent, les scénaristes – qu’ils soient émergents ou non – se font accompagner par un « coach » ou un « mentor ». Un « coach » ou un « mentor » est un confident. Souvent un tuteur, il apporte un regard extérieur au développement du scénario et à l’écriture des versions successives. Il est le premier public. Mais le mentor n’est pas nécessairement un professionnel du scénario.

 

LECTEUR

Un lecteur par définition lit un scénario. Il donne son opinion, ses commentaires, son appréciation, ses critiques… Le tout sur une base subjective. Ainsi, puisqu’il s’agit d’une opinion subjective, le lecteur ne doit pas être un professionnel du scénario.

Régulièrement, des étudiants d’école de cinéma, des scénaristes (émergents), des réalisateurs ou des acteurs lisent des scénarii et remplissent ce rôle pour les producteurs.

Pour des jurys, on fait souvent appel aux professionnels du cinéma – acteurs, scénaristes, producteurs – ou à des gens renommés dans d’autres disciplines artistiques.

 

CONSULTANT

Le consultant est un professionnel du scénario. Il doit connaître toute la théorie du scénario et de la narration : les types d’histoires, le développement des personnages, les structures linéaires et non-linéaires etc.

Le consultant est engagé, en principe par le producteur, quand il y a des problèmes dans un scénario (fini ou en développement).

Il analyse le scénario et indique ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas mais – et c’est le plus important – il doit être capable de dire pourquoi ça fonctionne ou ça ne fonctionne pas. Tout cela selon des paramètres objectifs.

Le consultant ne donne pas de solutions ! Il dénote les problèmes, mais c’est le scénariste qui devra les résoudre.

Un consultant doit être capable d’analyser un scénario et de faire un rapport détaillé par écrit, par téléphone ou de vive voix. Mais, il n’intervient pas dans l’écriture, ni dans la correction.

 

SCRIPT-DOCTEUR

Comme le consultant, le script-docteur doit maîtriser toute la théorie du scénario. Mais en plus, il doit avoir la pratique du scénario, ayant effectivement écrit des scénarii.

Tout comme le consultant, le script-docteur analyse le scénario et fait son rapport. Mais un script-docteur va plus en détail et fait son rapport toujours de vive voix afin de parcourir le scénario scène par scène, page par page. Il indique également les « fautes » de mise en page.

Il doit donc non seulement être capable d’indiquer les problèmes mais également de proposer une ou plusieurs solutions pour chaque problème. Un script-docteur traite aussi les dialogues, notamment lors du « dialogue polish », dernière version du scénario considéré abouti.  (Le dialogue polish est une révision impliquant une série de modifications qui peuvent être substantielles sans pour autant qu’elles soient confondues avec de la réécriture à proprement parler. Cette étape ne peut pas donner lieu à un partage en droits d’auteur).

En plus de cette expérience de la pratique du scénario, un script-docteur doit avoir l’expérience de la vie : il doit avoir un vécu, de la maturité. Il faut avoir soi-même l’expérience de la jeunesse et de la critique pour critiquer en retour. Pour les Grecs anciens, on obtenait la maturité à partir de 49 ans. Actuellement, on dirait que l’on doit avoir passé l’âge de la « midlife crisis ».

Quelqu’un qui se prétend script-docteur avant cet âge risque de perdre toute crédibilité.

Rappelons que ce problème ne se pose pas pour le consultant parce que ses capacités se limitent à la théorie qui peut s’approprier à tout âge.

 

LA RÉÉCRITURE

Si – après un script-doctoring – le scénariste n’arrive pas à réécrire le scénario ou s’il ne veut plus le faire, le script-docteur doit être capable de résoudre les problèmes en réécrivant lui-même le scénario partiellement ou en entier.

Dans ce cas, le script-docteur peut être engagé en tant que « rewriter » (sans droits d’auteur) ou il peut devenir co-scénariste (avec droits d’auteur) avec ou sans la collaboration du scénariste.

 

STEP-DEAL

Pour un script-docteur, on fait normalement un step-deal :

1) On engage un script-docteur en tant que consultant pour analyser le scénario et dénoter les défauts. Le scénariste résout les problèmes.

2) Si le scénariste ne s’en sort pas, on rappelle le script-docteur qui offre des solutions pour les problèmes. Le scénariste choisit les solutions qu’il préfère et les incorpore dans le scénario.

3  a) Le scénariste ne s’en sort toujours pas. On engage le script-docteur en tant que rewriter.

b) Le scénariste ne veut plus continuer tout seul. Le script-docteur devient coscénariste.

 

REMARQUES

Un consultant ou un script-docteur peut être engagé en tant que mentor et guider le scénariste pendant tout le développement du scénario.

L’approche d’un lecteur ou d’un mentor peut être subjective, un consultant ou un script-docteur évalue un scénario objectivement selon des paramètres professionnels.

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